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Google, le géant qui bugge tout seul ou les déboires récents d’un monstre qui n’a plus a craindre que lui-même.

4 Feb

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Le 12 décembre 2008 nous écrivions sur Whytech à propos de Google: « Cette entreprise a donc les moyens de ses énormes ambitions, elle surmonte tous les problèmes avec cependant des procès en cours avec la Guilde des Auteurs américains depuis 2005, Perfect 10 l’année suivante,  l’AFP (accord cependant en 2007),  et de nombreux Etats (Norvège, Australie, etc.). Des auteurs (J.N.Jeanneney, Johny Long, Barbara Cassin, etc.)  s’inquiètent de l’avancée de cet ogre. L’un des derniers, celui de Daniel Ichbiah, Comment Google mangera le monde (Ed. de l’archipel, 2007), après avoir fait l’historique de Google, montre bien les dangers de ce qui reste une entreprise privée à la recherche de bénéfices, comme le confirment  des auteurs italiens (Ippolita) dans  La Face cachée de Google paru cette année -2008- chez Payot.

Mais son triomphe pourrait bien signifier le prélude de sa déchéance, car devenu indispensable, incontournable, Google ne pourra  plus rester la propriété de ses seuls actionnaires et dirigeants privés, la pragmatique Amérique ayant montrée depuis quelques mois sa capacité à s’asseoir sur ses dogmes économiques quand son salut est en jeu. Mais rien ne dit non plus que ce serait aussi au profit des internautes du monde entier… «

En effet cette entreprise ne semble pas connaître la crise et embauchera encore en 2009 puisque c’est devenu le portail incontesté d’entrée des internautes sur la toile. 37 milliards  de recherche par mois au niveau mondial alors que son suivant Yahoo n’est est qu’à 8,5, le chinois Baidu 3,2, Microsoft 2,1 et le reste des moteurs 10,2 milliards. Rien qu’en France ce sont plus de 90% des internautes qui privilégient ce portail alors qu’Orange n’est utilisé que par 1%  des surfeurs hexagonaux ! Google n’est le leader mondial qu’à 70% mais rien ne devrait arrêter sa progression puisque le rachat de Yahoo par Microsoft n’a eu aucun impact sur l’accès au marché.

Tout va donc pour l e mieux du côté des bénéfices et des investissements mais voilà qu’un banal incident vient de semer le trouble dans le monde du net. Durant quarante minutes, samedi 31 janvier les tentatives de connexion depuis Google ont été systématiquement rejetées et les demandes des internautes systématiquement aiguillées vers le site stopbadware.org, le site de sécurité qui sert à alerter Google de la présence de virus ou de logiciels espions. Erreur humaine plaident les responsables du site, c’est pour le moins bizarre car quarante minutes c’est une durée considérable dans ce milieu et cette explication de la panne appelle une certaine suspiscion. Comme presque tout le monde passe par Google c’est la planète presque en son entier qui était privée d’internet et cela repose la question du contrôle de ce monstre technologique qui vit de la publicité.

Se repose donc la question de savoir si les pouvoirs publics américains et les autres peuvent laisser entre les seules mains  d’entreprises privées des outils si indispensables à toute la société. Sans refaire le coup du monopole qui doit appartenir à la nation comme en 1946, demandons-nous, comme dans le domaine bancaire pour prendre un exemple assez parlant, s’il est raisonnable de ne pas contrôler  de manière très étroite des entreprises si puissantes, et surtout l’entreprise des entreprise que devient Google. L’Etat américain ne souhaite certainement pas que cette entreprise échappe aux Etats-Unis, alors il doit entrer au conseil d’administration et il serait heureux qu’il accepte aussi la présence dans celui-ci de l’Union européenne et d’autres Etats majeurs par la suite. Utopie que tout cela ? Peut-être, mais qui pensait il y a six mois que les Etats occidentaux anglo-saxons libéraux investiraient si massivement dans des banques privées en effectuant un virage à 180 degrés par rapport à leurs convictions officielles ? Il y aura fallut une crise qui ne fait que commencer, évitons-nous d’en vivre une autre avec Google avant que cette firme ne devienne tout simplement  incontrôlable.

Dans la continuité de l’ogre Google.

Avec Google Latitude, la firme propose de suivre à la trace les gens qui voudront bien accepter ce petit jeu non dénué de dangers même s’il offre aussi des avantages. Disponible depuis le 4 février 2009 dans 27 Etats il nécessite l’accord de l’utilisateur qui peut se localiser ailleurs que ses lieux d’ébats extraconjugaux ou d’école buissonnière. Petit problème tout de même comment empêcher les autres Etats, ceux qui ne sont pas du tout des démocraties, de contrôler par ce biais leur population dissidente ? Encore une fois une technique, d’apparence neutre, peut être utilisée de manière vertueuse ou dramatique, suivant les endroits. Fire Eagle de Yahoo permettait déjà de faire de même mais avec Google ce ne peut être que pire en Chine et en Russie pour prendre deux exemples parmi 200 autres !

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