
Le quotidien économique “La Tribune” va-t-il totalement disparaître des kiosques à journaux ? C’est à cette douloureuse question que la rédaction du journal financier a répondu dans un éditorial publié dans l’édition papier de ce matin après une semaine très mouvementée pour les journalistes et la direction…
Tout au long de la semaine dernière, les mauvaises nouvelles se sont accumulées pour “La Tribune”. Entre un plan de départ d’une vingtaine de postes envisagé, une motion de censure pour la propriétaire Valérie Decamp, le départ de trois dirigeants de la rédaction dont son directeur François Lenglet, et deux jours de grève, le quotidien économique reparaît enfin aujourd’hui, mais pour combien de temps encore ?
Dans l’éditorial paru ce matin dans “La Tribune”, la Société des Journalistes (SDJ) de “La Tribune” indique qu’elle est en total désaccord avec le projet de suppressions de postes prôné par l’actionnaire majoritaire [NDLR: Valérie Decamp, à hauteur de 80%]*qui serait compensé par des articles publi-rédactionnels se substituant aux articles des journalistes de la rédaction et qui remettraient en cause l’indépendance éditoriale du journal.
La SDJ de “La Tribune” finit par s’en prendre plutôt violemment aux actionnaires du quotidien en faisant bien remarquer que la suspension de la grève “ne donne en aucun cas un blanc-seing aux actionnaires du journal, Alain Weill (20 %) et Valérie Decamp (80 %), qui n’ont jamais investi un centime dans «La Tribune».“
François Lenglet, quant à lui, s’exprime pour la première fois officiellement concernant son départ du quotidien économique. Il estime ainsi que : “Le devenir d’une entreprise appartient à ceux qui la possèdent, c’est la loi de l’économie de marché, qu’un journal économique ne saurait contester, fût-ce quand elle s’applique à lui-même. Que le directeur de la rédaction exprime son désaccord avec ces choix et en tire les conséquences, c’est sa liberté. Je quitte donc «La Tribune» après trois années, dont une passée à diriger la rédaction.
Par ailleurs, selon mes informations, la direction souhaiterait à terme suspendre complètement l’édition papier. Dès lors, “La Tribune” ne conserverait plus que sa version web actuelle (latribune.fr).
Autre information, cette fois-ci exclusive: Raymond Soubie, président de l’AEF, serait intéressé pour reprendre les rênes du quotidien si celui-ci s’avérait rentable en rachetant la part minoritaire d’Alain Weill dans le journal.*
La radio et télévision de l’économie BFM BUSINESS en danger ?
Aucun média n’en parle, mais BFM BUSINESS pourrait être aussi menacée par ce projet de suppressions de postes puisque les journalistes de “La Tribune” font pratiquement tous partie des rédactions des médias appartenant au groupe audiovisuel NextRadioTV, notamment en ce qui concerne BFM BUSINESS.
François Lenglet, l’ex-directeur de la rédaction de “La Tribune”, officie à la fois sur RMC chez Jean-Jacques Bourdin, sur BFM BUSINESS à 7h15 dans “Good Morning Business” avec Stéphane Soumier, et de temps à autres sur BFM TV en remplaçant Nicolas Dozze pour ses chroniques économiques à midi dans le 12h-15h de la première chaîne infos de France, tous supports confondus.
Cela s’inscrit dans la stratégie crossing-médias d’Alain Weill. Cette tactique consistant à transformer un journaliste en une source multi-supports (pluri-médias), est souvent jugée “low-cost” par les confrères de NextRadioTV (Télérama, Bakchich…).
Pourtant, TF1 et CANAL+ font de même en diffusant dans leurs JT les reportages réalisés par les équipes de leurs chaînes d’infos respectives (LCI et i>TÉLÉ), qui participent également aux duplex et différentes interventions des journaux télévisés de leurs maisons mères dans les éditions de 13h et de 20h.
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*Les 20% restants appartenant à Alain Weill, PDG et fondateur de NextRadioTV, maison mère d’RMC, d’RMC Sport, de BFM TV, de BFM BUSINESS, du Groupe 01 (01net, 01netpro, 01men, touslespodcasts.com, 01informatique, Micro Hebdo, L’Ordinateur individuel / SVM), et de l’association RMC / BFM.

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